
Conte des ÉtoilesDans le petit village de Jin'jei, près des collines mugissantes de Unyin vivait une petite fille appelée Mon'aa. Elle était très curieuse et embêtait toujours les alatiens adultes. "Va jouer ailleurs", disaient-ils à Mon'aa, mais elle ne voulait pas jouer avec les autres enfants. Elle voulait toujours être là où se trouvaient les adultes, pour voir ce qu'ils faisaient et pour apprendre des choses. Mais un jour, après avoir reçu de nombreuses plaintes de la part des potiers, des gardiens, des commerçants et des soldats du village, la maman de Mon'aa lui dit qu'elle ne devait plus jamais ennuyer les adultes... et qu'à la place, elle ferait mieux d'aller jouer avec les autres enfants, ou rester tranquille et dessiner ou encore faire de la poterie.
Mais Mon'aa était toujours curieuse, et du coup, comme elle ne pouvait plus être parmi les alatiens adultes... elle décida d'aller explorer la forêt qui se trouvait juste à l'extérieur du village de Jin'jei. On lui avait interdit plusieurs fois de pénétrer dans cette forêt, car ça pouvait être dangereux, mais Mon'aa était curieuse. Evidemment, elle ne pensait pas s'aventurer trop loin dans la forêt, mais elle aperçut une Queue-touffue blanche qui gambadait dans l'herbe haute, et Mon'aa, curieuse comme à son habitude, la pourchassa.
La Queue-touffue s'enfonça dans la forêt et Mon'aa la suivait toujours, sans savoir où elle allait, préoccupée seulement par l'idée d'attrapper la Queue-touffue pour la garder comme animal de compagnie. Mais soudain, la Queue-touffue disparut dans un trou dans le sol, laissant Mon'aa seule dans une petite clairière, quelque part au plus profond de la forêt. Elle était épuisée après sa longue course après la Queue-touffue, et en voyant des arbres et des fleurs qu'elle ne connaissait pas dans la clairière, elle réalisa qu'elle n'avait pas prêté attention à la direction qu'elle avait empruntée. Encore une fois, sa curiosité lui jouait un vilain tour, mais là, c'était grave. Mon'aa était trop jeune pour voler, et elle n'avait pas le sens de l'orientation. En plus, la poursuite de la Queue-touffue l'avait étourdie et fatiguée.
Il faisait de plus en plus noir, et Mon'aa se retrouvait seule au fin fond ce cette forêt dangereuse. Trop fatiguée et trop effrayée pour bouger, Mon'aa se peletonna au creux de ses ailes, sous les feuilles d'un arbre... et elle se mit à pleurer. Bientôt, la nuit noire tomba, et quelque part, pas très loin, des loups commencèrent à hurler à la lune. Mon'aa avait si peur qu'elle était pétrifiée, mais rapidement, sa fatigue prit le dessus... et elle s'endormit.
Elle se réveilla en entendant une voix qui l'appelait au-dessus d'elle. En levant les yeux vers le ciel étoilé, elle eut la vision des esprits de cinq Conteurs qui l'observaient. "Tu t'es laissée égarer par ta curiosité", dit l'un d'eux. "Tu es perdue, et tu mérites de l'être", ajouta un autre. "Pauvre petite fille", dit un troisième. "Nous allons t'aider à rentrer chez toi", dit un quatrième. "Mais n'oublie pas", dit le cinquième esprit, "nous allons te conduire à ton village et à ta mère à condition que tu nous promettes une chose". "Je promets", répondit Mon'aa. "Quoi que ce soit, je promets de le faire".
"Très bien", dit le premier esprit, "tu vas faire de l'histoire qui t'es arrivée cette nuit ton propre Conte, et tu l'appelleras le Conte des Etoiles". "Ce sera un Conte qui devra apprendre aux curieux à faire attention", continua le troisième esprit, "et à ne pas laisser leur curiosité les guider". "Et", dit le deuxième esprit... il devra rappeler aux alatiens que les esprits de leurs Conteurs veillent sur eux lorsqu'ils en ont le plus besoin".
Et alors, les esprits des cinq Conteurs guidèrent Mon'aa dans la forêt, et à l'aube, elle était rentrée chez elle. Et Mon'aa raconta son Conte, le Conte des Etoiles, à tous les habitants du village, pour que tout le monde se souvienne que les curieux devaient faire attention, et que les esprits des Conteurs veillaient toujours sur eux.